Voyager sans culpabiliser : est-ce encore possible ?

(article réécrit le 5 mars 2021)

Hello !

J’ai voulu écrire cet article suite à à une injonction de plus en plus forte dans le cadre de l’urgence écologique que nous vivons à savoir qu’il faut arrêter de prendre l’avion pour voyager. 

Notre pauvre planète va mal, c’est un fait et dire qu’on va droit dans le mur si on continue comme ça n’est pas une exagération. Les mesures prises, individuellement ou collectivement, pour tenter de la guérir semblent malheureusement n’avoir que peu d’effets, au regard des non-efforts accomplis par ailleurs et de l’absence de mesures gouvernementales fortes.

L’un des points qui pose le plus problème est l’avion. Ce n’est pas un secret qu’un avion qui vole a des conséquences désastreuses pour l’environnement.
L’usage de l’avion pour des raisons personnelles a explosé ces dernières années et il est devenu aussi simple de voler que d’aller faire ses courses. L’apparition des compagnies low-cost a permis de démocratiser le voyage et de le rendre plus accessible. Toutes les villes du monde (ou presque) sont reliées entre elles et on peut aller n’importe où dans un laps de temps réduit. Il est vrai qu’il est plus facile d’aller en Australie ou en Polynésie en avion qu’en bateau, à moins d’avoir le temps ce qui n’est le cas que d’une minorité de personnes. Il est devenu facile d’aller passer le weekend à Rome ou même New-York dans le cas d’un weekend prolongé (ce que je ne recommande pas du tout bien sûr). La (sur)multiplication des vols a accru les dommages environnementaux de beaucoup de manières et les voyageurs ont été directement pointés du doigt.

Je n’ai jamais culpabilisé d’avoir pris l’avion, mais j’ai certainement abusé du système. Je n’ai pas considéré avoir trop pris l’avion car j’avais tendance à me comparer à des personnes qui le prenaient plus que moi (pas bien). La comparaison n’était pas forcément justifiée car il s’agissait souvent de personnes dont voyager est le métier, mais pas que ! Sans doute voulais-je inconsciemment me déculpabiliser . À côté de cela, j’estimais faire beaucoup de gestes au quotidien pour compenser mes vols : aller au travail à pieds ou en transports en commun, recycler au maximum et limiter les déchets, faire attention à ma consommation d’énergie, ne plus manger de viande, acheter local et/ou bio, acheter moins de vêtements…

Sans encenser l’industrie de l’aviation, je pense aussi qu’il y a beaucoup d’autres secteurs où on pourrait mettre en oeuvre des mesures qui, si elles étaient prises, feraient beaucoup de bien à notre planète avant de s’en prendre à l’avion.
Quid de l’industrie textile et de ce renouvellement permanent des collections dans les magasins de vêtements ? Pourquoi nous faire croire qu’on a besoin de renouveler notre garde-robe toutes les semaines avec des habits fabriqués à l’autre bout du monde ? Quid de l’élevage intensif dont les méfaits sur l’environnement ne sont plus à démontrer ? Quid de ces sociétés qui nous font croire qu’il faut changer de téléphone tous les ans ? Je pose la question parce que je pense qu’il est difficile d’être sur tous les champs de bataille. À trop vouloir être partout, on peut finir par faire les choses plus mal que bien. L’avion est désastreux pour l’environnement mais il n’est pas le seul responsable.

Après, il y a voyager et voyager : on peut voyager localement, en prenant des moyens de transports moins polluants que l’avion comme le train, le bus ou la voiture. On peut choisir de faire peu de voyages mais être plus intelligent : ne pas aller en Australie pour une semaine, se limiter à l’Europe, prendre une seule fois l’avion par an … Il n’y a pas de petits efforts et c’est toujours mieux que d’aller passer le weekend à New-York ou de prendre l’avion tous les 15 jours.

Pour autant, si je décide de ne plus jamais prendre l’avion, vais-je vraiment changer quelque chose ? Vais-je sauver la banquise ? Vais-je réduire l’effet de serre ? Il faudrait que les millions d’habitants de notre planète qui prennent chaque jour l’avion se positionnent de la même manière pour que les choses changent vraiment. Après, il est certain que si personne ne fait rien, la situation ne fera qu’empirer un peu plus chaque jour.
En décidant moi Marion d’arrêter de prendre l’avion, est-ce que je ne jette pas un petit caillou dans l’océan Pacifique ? Est-ce que mon action aura vraiment du sens ? Je ne dis pas que je vais continuer à prendre l’avion une dizaine de fois par an. Non, je pense le prendre moins souvent mais aussi le prendre de manière plus intelligente. Essayer de privilégier les vols directs quand ils existent, ne pas aller à l’autre bout du monde pour 15 jours mais essayer de partir au moins 3 semaines, voir plus si possible. Plus voyager localement, plus près de chez moi. Mais je sais aussi que malgré tout, l’avion que je n’ai pas voulu prendre pour sauver un ours polaire en errance sur un morceau de glace va quand même décoller. Avec ou sans moi.
Salariée, je n’ai pas le temps de prendre le bateau pour aller au Brésil et pas les moyens de prendre des congés sans soldes pour partir 6 mois en Asie. J’ai l’impression qu’on tape plus sur les doigts des personnes partant dans le cadre de leurs congés annuels que sur ceux des personnes qui partent en Corse en avion 2 jours ou 1 semaine à Los Angeles et encore moins sur ceux qui utilisent l’avion pour des temps de vol ridiculement courts.

J’ai envie de marcher jusqu’à en avoir mal aux jambes, de cracher mes poumons pour accéder à des endroits de rêve, de lézarder sur des plages paradisiaques, d’explorer, de m’émouvoir, de m’émerveiller, de faire des rencontres, d’apprendre, de comprendre, de m’émouvoir, de souffrir de la chaleur ou du froid, de trouver le temps trop long lors d’un trajet en bus interminable, de prendre des photos, d’acheter des souvenirs, d’envoyer des cartes postales, de m’énerver devant ces voyageurs qui ne respectent rien, de me moquer de ceux qui ont l’air de vrais touristes alors qu’en suis une aussi, de rentrer le soir crevée de ma journée, d’essayer d’apprendre quelques mots des langues des pays que je visite pour mieux les oublier une fois partie. Tous ces mots qui rendent mes voyages uniques et beaux.

J’ai ma conscience pour moi mais la vie est courte, peut être écourtée plus vite qu’on ne le pense et j’ai envie de partir sans regrets. Je ne ferrais jamais toutes les destinations qui me feront rêver mais j’ai envie de rêver un peu pendant le laps de temps qui m’est imparti sur terre. Je veux vivre ma vie à fond en faisant le plus de découvertes possibles, aussi bien autour de chez moi que de l’autre côté de l’océan Atlantique.

Donc oui, je continuerai à prendre l’avion, mais moins et de manière plus réfléchie. Plutôt que de partir un weekend à l’autre bout de l’Europe en avion, je prendrais la voiture ou le train pour aller voir ce qui m’entoure. Mais non, je ne m’interdirais pas de découvrir le monde, ou du moins une petite partie, tant que je le peux.

5 réflexions au sujet de « Voyager sans culpabiliser : est-ce encore possible ? »

  1. Hello ! Ton article était dans mes suggestions, et je ne regrette absolument pas de l’avoir ouvert ! Je pensais à un autre argument, l’avion est une technologie géniale à mes yeux, et je me dis que si tout le monde faisait beaucoup de petits efforst quotidien pour réduire son impact, alors l’impact sur l’environnement de prendre l’avion pourrait devenir acceptable /corrigeable. Alors je ne vois pas pourquoi ceux qui font des efforts, ne pourrait pas profiter justement de cette Terre, qu’il tente de préserver en l’état.

    Bon voilà, je ne sais pas si j’ai été claire, mais en tout cas, cet article me réchauffe le cœur !

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  2. Bonjour
    le monde a changé, nos connaissances ont changé.
    Fermer notre robinet quand on se lave les dents et manger bio ne sera pas suffisant pour lutter contre le réchauffement climatique et l’extinction écologique.
    Prendre l’avion plusieurs fois par an pour des raisons récréatives n’est plus compatible avec un futur à 2°. Nous devons tous et toutes en être convaincu.es à présent, nous sommes toutes et tous responsables, les personnes les plus aisées, populations du nord, doivent être exemplaires. si pas nous (personnes éduquées), qui ? si pas maintenant, quand ?

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