Paris, je t’aime moi non plus

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Chère Paris,

C’est officiel, je te quitte. Je suis directe dans le choix de mes mots mais autant être directe plutôt que de tourner en rond non ? Je te quitte le 1er mars 2018 pour être précise. Voilà tu le sais. J’en ai assez, je suis fatiguée, lassée. Je pars. J’espère que tu ne m’en voudras pas. Tu savais que notre histoire était compliquée et loin d’être satisfaisante, surtout pour moi. Pourtant, j’ai vraiment essayé de faire des efforts, en vain. Tu mérites mieux que moi qui n’ai pas su apprécier tes charmes autant qu’ils auraient du l’être.

Puisque je vais partir, je voulais au moins revenir sur ces deux ans et quelques mois passés ensemble. Enfin, façon de parler. Nous ne sommes pas vraiment ensemble. Tu sais que je travaille un peu loin de toi et même si j’ai pris ce travail pour me rapprocher de toi, je ne pouvais pas être à tes côtés tous les jours au risque de passer trop de temps dans les transports en commun. J’aurais peut-être du faire l’inverse, vivre au plus près et faire la route tous les jours. Mais les dysfonctionnements perpétuels de ton RER A m’ont montré tous les jours que j’ai fait le bon choix.

Pendant cette période on s’est vues principalement le weekend et parfois la semaine quand j’avais le courage de prendre les transports après une longue journée de travail. Parfois ces rencontres se sont bien passées et on a fait des trucs chouettes, parfois tu m’as juste fatiguée, et je n’avais qu’une hâte, rentrer chez moi. Aucune relation n’est parfaite, n’est-ce pas ?

La notre ne l’était pas et le ne sera probablement jamais. Mais après avoir tant essayé, il est temps de partir. Je te quitte pour une autre, je l’avoue. Elle est plus proche de Bordeaux que tu ne l’es et me permettra de davantage voir ma famille là-bas et mes amis qui y sont restés. Je ne sais pas encore comment ça va se passer, on verra. Qui ne tente rien n’a rien. Ce qui est sûr, c’est que je voulais partir d’ici et recommencer sur de nouvelles bases ailleurs.

En parlant de bons moments, il est important de se les rappeler pour ne pas rester sur une mauvaise note, ça serait dommage non ? Je pars mais ce n’est pas pour autant qu’il faut oublier les côtés positifs. Avec toi, j’ai découvert ou redécouvert des endroits exceptionnels. J’ai vécu des expériences que je n’aurais pas vécu ailleurs. Ce qui est sûr c’est que j’ai appris à mieux te connaitre.
J’ai aimé admirer le coucher de soleil depuis le pont Alexandre III, un de mes petits plaisirs en fin de journée quand je venais te voir. J’ai aimé me promener le long de la Seine, entre l’hôtel de ville et la place de la Concorde. J’ai aimé me perdre dans Montmartre. J’ai apprécié l’automne et le printemps en ta compagnie, ces saisons te vont si bien. J’ai apprécié mes apéros en bord de Seine l’été. J’ai aimé déambuler dans les allées des jardins des Tuileries et du Luxembourg sans but précis si ce n’est de profiter de la beauté de ces endroits. J’ai apprécié ta belle architecture haussmanienne, unique. J’ai admiré chacun de tes monuments emblématiques avec une petite préférence pour le Louvre, l’Opéra Garnier et les Invalides. Sans parler de la Tour Eiffel (elle est tellement belle et élégante) et de Notre-Dame (si imposante et si belle). Et que dire de la place des Vosges et de la place Vendôme ? Je serais cruelle d’oublier les magnifiques serres d’Auteuil. Je terminerai par la splendide Sainte-Chapelle, un lieu exceptionnel.
La liste est encore très longue, il y aurait tant à dire ! J’oublie certainement beaucoup de choses. Difficile de résumer deux ans de balades destinées à mieux te comprendre en quelques lignes. Sache que j’ai apprécié chacune de ces balades malgré tout.

Mais paradoxalement, plus je te connaissais, moins j’avais envie de rester. Avoue que tu as quand même pas mal de défauts !
Déjà, s’il te plait, fais quelque chose pour le métro et le RER. Non vraiment ce n’est plus possible. Tu nous demandes une somme assez conséquente pour une qualité de service plus que médiocre, surtout sur le RER, une honte à lui tout seul. Si tu veux assurer pour les JO de 2024 et ne pas être la risée du monde entier, fait quelque chose ! Des villes comme Séoul ou Tokyo rigolent en voyant comment tu fonctionnes à ce niveau là.
Si tu pouvais être un peu moins bruyante ça serait pas mal aussi. Tu vas me dire que j’exagère, que tu es calme par moments. Oui, quand tout le monde dort où dans les endroits où personne ne va.
Et puis, tu es trop rapide. Avec toi, ça doit toujours aller vite, partout. Dans les transports souterrains, il faut vite marcher sinon on te pousse. Quand on mange, selon les endroits, tu n’as pas le droit de prendre ton temps. Même pour traverser un passage piéton il faut se dépêcher ? Les gens qui prennent leur temps finissent par le regretter ! C’est qu’à la fin, on finit par stresser et ça c’est pas cool.
J’allais oublier le plus important : tu coûtes trop cher ! Avec toi, l’argent part avant d’avoir dit ouf et ne reviens jamais. Je dépense beaucoup pour toi mais sans avoir aucun retour, ou aucun merci. Non vraiment, t’abuses à ce niveau là. Il y a des villes qui demandent bien moins et ce qu’elles offrent est parfois mieux.
Si tu pouvais aussi faire quelque chose pour l‘odeur, parce que par moment, ce n’est pas trop ça. Être dans le rush ne signifie pas qu’il faut oublier de faire des efforts à ce niveau là. Entre les voitures et le métro, parfois tu ne sens vraiment pas bon ! Désolée de dire ça, c’est cruel, mais il fallait que tu l’entendes. À Londres (oui, je sais que tu n’aimes pas parler d’elle), le métro sent bon.

Tu es belle, unique, exceptionnelle, c’est un fait. Mais cela ne me suffit pas et c’est pour ça que je pars. Tu en rendras d’autres plus heureux que moi c’est certain, les candidats se bousculent déjà. Ils étaient déjà là, tu le sais, je n’ai jamais pu t’avoir pour moi toute seule même si je le voulais. Il y avait toujours quelqu’un pour surgir, où que je sois. Tu n’aimes pas les têtes-à-têtes.

J’ai eu envie d’autre chose. À un moment donné, tu devais t’y attendre. Tu ne peux pas feindre la surprise, tu le savais. Depuis plusieurs mois déjà, je disais que tu me fatiguais, que je ne profitais plus des weekends pour venir te voir et capturer ta beauté avec mon appareil photo. Il fallait m’écouter. Je l’avais écris sur mon blog, tu n’avais qu’à le lire. Tu n’as fait aucun effort. J’ai essayé de faire des efforts d’adaptation, mais ça doit venir des deux côtés. J’ai quand même eu d’autres histoires avant toi et aucune ne s’est passée comme ça. Los Angeles aussi m’a coûtée cher, mais quand j’y étais, qu’est-ce que c’était bien. Je m’y sentais bien. Et pourtant, elle est plus grande que toi mais c’est différent. Toi tu n’as rien fait. Tu as continué à me prendre mon argent, à être bruyante, stressante, agaçante. J’ai même pu avoir des problèmes de peau à cause de la pollution, tu te rends  compte ? Ne crois pas que je ne retrouverais pas en province tes pièces de théâtres, expos, restaurants, bars… Tu n’es pas la seule à avoir ça et de toute façon je ne suis pas une fana de théâtre. Ce n’est pas parce que je suis venue te voir plusieurs fois à l’automne et que j’ai pris plein de photos de toi, sublimée par des belles couleurs et de belles journées, que ça allait mieux. Tu savais que ça allait arriver. C’est tout.

Peut-être que je vais m’ennuyer là où je vais aller. Peut-être que tu vas me manquer. Quoique j’en doute. C’est surtout tes aéroports qui vont me manquer. Tu vois ce que ça veut dire. Maintenir cette relation juste pour l’intérêt des aéroports n’avait pas de sens. Il valait mieux que je parte ailleurs. Je me débrouillerais pour voyager. Tu n’es pas la seule à avoir un aéroport, tu ne peux pas me retenir avec ça.
Je reviendrais sûrement à l’occasion de quelques weekends. On verra bien ce qui se passe, si je suis contente de te voir ou pas. Peut-être que le fait de te revoir me fera réaliser à quel point j’ai bien fait de partir. Je sais que c’est dur de dire ça, mais c’est comme ça. Tu comprendras un jour.

Ne m’en veux pas. Merci pour ces deux années qui m’ont appris beaucoup de choses, sur le plan personnel et humain. Grâce à toi, je sais à quoi j’aspire en termes de qualité de vie et j’ai hâte de repartir sur de nouvelles bases.

Prends bien soin de toi.

A bientôt.

Marion

P.S : je te laisse avec quelques photos de nos plus beaux moments passés ensemble.

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16 réflexions au sujet de « Paris, je t’aime moi non plus »

      1. Tout à fait d’accord avec toi, j’apprécierai plus la ville en y revenant de temps en temps parce que je ne verrai que les bons côtés lors de ces excursions 😉
        J’avoue que parler de l’odeur n’est pas très sympa de ma part, je remue encore plus le couteau dans la plaie 😀
        De très bonnes fêtes, à toi et ta famille ! 🙂

        Aimé par 1 personne

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